Bulletin épidémiologique – semaine 35-36

du 30 août au 12 septembre 2021

Résumé de la situation actuelle : Recul des indicateurs épidémiologiques globaux, pics d’hospitalisations chez les 0-19 ans, des cas plus graves à l’hôpital, primo-vaccination fortement ralentie

  • Sur les deux dernières septaines disponibles qui incluent la rentrée scolaire, la circulation virale détectée est en recul significatif par rapport aux 2 septaines précédentes, avec cependant une baisse nettement plus faible chez les 0-9 ans. Le taux de positivité national comme en métropole baisse à 1,8% au 09/09 en semaine glissante. Les indicateurs hospitaliers sont orientés à la baisse tout en restant relativement élevés, mais ont atteint des pics proches des vagues précédentes chez les 0-19 ans ces dernières semaines.
  • Au 12/09, les hospitalisations en cours s’élevaient à 10 012, en baisse modérée (-9,7% vs J-14). En recul à un rythme encore moins soutenu, les soins critiques en cours s’élevaient à 2 129 (-6,5% vs J-14). A 21%, la part des soins critiques dans les hospitalisations augmente depuis 7 semaines.
  • 1 325 nouveaux décès ont été enregistrés durant les 2 semaines, soit une baisse de -13,7%. Cette baisse est à pondérer du rattrapage de saisie des données des Antilles durant la quinzaine précédente. Les décès en EHPAD, dont les données publiques ont été actualisées, sont en augmentation de +15,6%.
  • Au 09/09, 84 départements de la métropole et 4 départements outre-mer ont une incidence sur 7 jours supérieure ou égale à 50. 13 départements, dont Mayotte, ont une incidence inférieure à 50.
  • Au cours des semaines 35 et 36, le rythme de la primo-vaccination a sensiblement ralenti. Seulement 1 124 337 personnes ont reçu au moins une première dose de vaccin en 14 jours, contre 1,9 million les deux semaines précédentes, soit une baisse de 41,0%, après celle de 47% la quatorzaine précédente, alors qu’il reste plus de 8 millions de 12 ans et plus pas du tout vaccinés.
  • En incluant les vaccinations unidoses Janssen, depuis le début de la vaccination, 73,7% de la population ont reçu au moins une dose (85,8% des 12 ans et plus) et 69,6% ont été complètement vaccinés (80,9% des 12 ans et plus). Le taux de vaccination complète se rapproche de celui de la primo-vaccination, avec seulement 4 points d’écart. Au 12/09, 92% des 70 ans et plus ont reçu au moins une dose, et 89,7% sont complètement vaccinés. 
  • Au 10/09, la mutation L452R dans les tests positifs criblés s’élevait à 95,6% pour 47% de tests criblés.

Évolution des indicateurs hospitaliers

Le nombre des nouvelles admissions hebdomadaires à l’hôpital est redescendu à 4 300 en semaine 35 puis près de 3 600 en semaine 36, contre 5 400 en semaine 34. Les nouvelles entrées d’enfants de 0 à 9 ans sont particulièrement élevées pour cette tranche d’âges : à 131, elles se sont rapprochées du pic de la 2e vague en semaine 34, et étaient encore sensiblement au niveau du pic de la 1e vague en semaine 35 (89). Avec 105 admissions, les 10-19 ans, qui incluent une partie de la population non vaccinable, ont dépassé en semaine 32 leurs pics d’entrées à l’hôpital des 1e (89) et 2e (102) vagues, et se sont rapprochés de leur pic de la 3e vague (110). L’absence de vaccination chez les moins de 12 ans, non éligibles pour l’heure, les fragilisent dans le contexte épidémique et de couverture vaccinale des autres tranches d’âges actuel.
Le nombre moyen hebdomadaire des hospitalisations en cours est en baisse dans toutes les tranches d’âges, alors que celui des soins critiques est en hausse chez les 30-39 ans, les 60-69 ans et les 80 ans et plus. Les hospitalisations en cours et les soins critiques en cours reculent sur les 2 semaines chez les 0-9 ans et 10-19 ans, après avoir connu des pics de nouvelles admissions hospitalières comparables aux précédentes vagues et même supérieurs à la 1e vague, seules tranches d’âges pour lesquelles ce phénomène est observé. La part des soins critiques en cours parmi les hospitalisations en cours atteint par ailleurs un haut niveau, à 21,2%, contre 12,8% la semaine du 19/07, avec un franchissement des 20% la dernière semaine d’août. Jusqu’ici, les 20% n’avaient été franchis que lors de la 1e vague (24-25%), alors que l’envoi en soins critiques était plus systématique face à la nouveauté de la maladie.

Parmi les admissions hospitalières, en soins critiques et les décès, le poids des personnes non-vaccinées reste très supérieur à celui des personnes partiellement vaccinées et complètement vaccinées, dans une population globale dont près de 70% sont complètement vaccinés (en incluant les vaccinations unidoses Janssen). Parmi les nouvelles hospitalisations, en moyenne sur 7 jours, on compte 6,5 fois plus de personnes non-vaccinées que de personnes complètement vaccinées, en hausse par rapport aux données précédentes. Parmi les admissions en soins critiques, elles sont près de 9 fois plus nombreuses. Parmi les décès, elles sont près de 5 fois plus nombreuses.

Sur les 14 derniers jours disponibles au 09/09 (J-3), le nombre de personnes testées a sensiblement reculé tout en restant élevé. Il est passé de 5 à 4 millions par septaine. Cette baisse, de 11,4% entre la semaine 35 et la semaine 36, concerne toutes les tranches d’âges à l’exception des 0-9 ans, qui voient leur nombre de testés augmenter de 53,8% à partir de la rentrée, pour s’élever à plus de 130 000. Alors que le nombre de cas positifs recule de plus de 26% en 7 jours toutes tranches d’âges confondues, pour s’élever à 73 000, il baisse de moins de 10% chez les 0-9 ans (-9,5%), contre -20% à -32% environ pour chacune des autres tranches d’âges, et s’élève à plus de 8 600, contre 9 500 la septaine précédente. La baisse du taux de positivité chez cette tranche d’âges, de 11,2% à 6,6% (-41,1%),  est donc en partie seulement due à un recul du nombre de positifs, et en partie à l’augmentation du nombre de tests réalisés. En semaine 35 (dernière semaine disponible), le taux de positivité le plus élevé chez les enfants était de 12,3% chez les 3-5 ans, suivi par les 0-2 ans avec 10,8%, pour un taux de positivité tous âges de 2,4%.

Évolution de l’incidence

L’incidence baisse dans toutes les tranches d’âges, y compris chez les 0-9 ans, où le recul est cependant plus faible que dans les autres tranches d’âges (-9,8%). Les plus fortes baisses s’observent chez les 10-19 ans (-32,0%) et les 20-29 ans (-32,4%). L’incidence est inférieure à 100 chez les 50 ans et plus, soit les populations les plus vaccinées, alors qu’elle est supérieure à 100 parmi les autres tranches d’âges. Le recul de l’incidence en population générale semble profiter partiellement à la population non-vaccinée des 0-9 ans. Les effets de la rentrée scolaire en situation d’augmentation de la couverture vaccinale complète et d’usage du pass sanitaire seront à suivre dans les prochaines semaines, eu égard à ce qui a pu être observé dans d’autres pays où la rentrée a été plus précoce.

Au 09/09, le nombre de personnes testées positives en moyenne sur 7 jours est en recul de -26% par rapport à la septaine précédente. Cette baisse s’observe également outre-mer. En métropole, 1 département fait particulièrement exception : la Creuse, avec +50%, où l’incidence reste cependant inférieure à 50 (49). Au niveau national, l’incidence est descendue à 109. Elle a considérablement reculé outre-mer. Après une dégradation continue en Guyane, l’incidence y est désormais orientée à la baisse également (384). En métropole, l’incidence la plus élevée est constatée dans les Bouches-du-Rhône (364), où la situation s’améliore cependant, avec toutefois un taux de vaccination complète inférieur à la moyenne nationale (63,5% vs 69,6%). 84 départements de la métropole ont désormais une incidence inférieure à 50.

Évolution des variants

La mutation L452R, présente notamment dans le variant Delta, était retrouvée dans 95,6% des tests positifs criblés au 10/09 en semaine glissante. Ce taux est stable depuis plusieurs semaines. Les autres mutations ciblées, E484K et E484Q, sont pratiquement voire totalement absentes. La E484K n’est plus retrouvée depuis la mi-août. 4% des tests positifs criblés ne sont pas porteurs des mutations recherchées.
Ces données s’entendent sur le criblage de 47% des tests positifs au 10/09 en semaine glissante.

N.B. : Durant la période des vacances d’été, le bulletin du Collectif suspend l’analyse des incidences par niveaux scolaires. Les classes d’âges concernées seront suivies uniquement selon le découpage par dizaine (0-9 ans et 10-19 ans).

Évolution de la vaccination

Le rythme de la primo-vaccination continue de ralentir de manière soutenue. Après un ralentissement de -47% dans la 2e quinzaine du mois d’août, le début du mois de septembre accuse un nouveau ralentissement de -41%, avec à peine plus d’1 million de nouvelles primo-vaccinations en 14 jours, alors qu’il reste plus de 8 millions de personnes pas du tout vaccinées, dont 1,6 million de 60 ans et plus. Au 12/09, la couverture vaccinale complète s’élevait à près de 70%, soit 4 points seulement de moins que le taux de primo-vaccination. Le rapprochement des deux taux semble indiquer l’approche d’un plafond de la vaccination, qui n’est pas seulement imputable au fait que les moins de 12 ans ne peuvent pas être vaccinés. Si tel est le cas, 20 à 25% de la population totale pourraient rester pas du tout vaccinés dans les semaines à venir, alors que les moins de 12 ans représentent 14% de la population, soit un écart de 6 à 11%.
Par ailleurs, dans son rapport périodique de surveillance des vaccins, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) alerte sur une “surreprésentation de patients vaccinés par Janssen dans certains services de réanimations pour une infection à Covid-19”. Elle ajoute : “Les échecs vaccinaux avec le vaccin Janssen qui étaient déjà un événement sous surveillance sont désormais un signal potentiel” (ANSM, Suivi des cas d’effets indésirables des vaccins COVID-19. Données du 20/08/2021 au 02/09/2021, p. 17). Depuis l’avis de la Haute Autorité de Santé (HAS) du 23/08, une dose de rappel post vaccination Janssen par un vaccin ARNm était déjà recommandée. Ce vaccin a été utilisé en unidose et considéré comme répondant à un schéma vaccinal complet. Plus d’1 million de personnes ont été vaccinées avec Janssen. Le taux de couverture vaccinale complète pourrait donc être révisé à la baisse. En retirant les injections Janssen, il descendrait à 68%.

Par David Simard, Eric Billy et Germain Forestier pour le Collectif