Nos propositions

Les propositions du collectif Du Côté de la Science, pour agir énergiquement contre l’épidémie de COVID-19

Cette page est encore en construction, elle a pour objet de présenter les principales mesures préconisées par notre collectif pour freiner la circulation virale de Sars-CoV-2 et regroupe également plusieurs outils d’information et de communication que le collectif a élaboré depuis sa création pendant l’été 2020. 

Cette page s’enrichira au fil des nouvelles connaissances scientifiques, mais aussi par des échanges avec un réseau #ZeroCovid. Il sera question prochainement de présenter un plan gradué, proposant des mesures différentes en fonction du taux d’incidence d’un territoire, à l’instar de ce que fait  la Corée du Sud.

Mettre en œuvre des mesures territorialisées fondées sur des critères d’incidence

Construire une approche européenne coordonnée de la circulation des personnes  intra et extra-communautaires. 

Au niveau national, opter pour une gestion territorialisée de l’épidémie, par des mesures graduées  pouvant aller jusqu’à un confinement local, afin de sécuriser les départements les plus touchés tout en évitant la diffusion virale dans les départements limitrophes.

Adopter le télé-enseignement et le télétravail et le chômage partiel dans les zones à forte incidence – en permettant de façon sécurisée aux élèves en difficulté et/ou dont les parents ne peuvent travailler à la maison, un enseignement présentiel afin de limiter l’impact social d’un éventuel confinement. Ce mode dit “hybride“ devrait être proposé quel que soit le niveau d’enseignement.

Établir un plan national pour la qualité de l’air intérieur

“Admettre que le virus se transmet principalement par l’air, et mettre en place les bonnes recommandations et consignes, c’est notre chance de mettre fin à la pandémie dans les six prochains mois. Sinon, la situation pourrait très bien s’éterniser”.
Linsey Marr, expert aerosols, Virginia Tech, USA – dans le New-York Times et une Lettre aux autorités américaines 17/02/2021

Face à un virus respiratoire à transmission aérienne (aérosols) mettre en place un plan national de la qualité de l’air dans l’enseignement, en entreprise, dans les commerces et les lieux culturels est indispensable.
Investir dans la qualité de l’air aujourd’hui, c’est aussi investir contre les autres épidémies respiratoires actuelles et futures.
Les spécialistes préconisent de maintenir les espaces clos accueillant du public en dessous d’une concentration en CO2 de 700 parties par million (ppm), ce qui requiert une ventilation conséquente via un système de ventilation avec filtre HEPA et/ou des purificateurs d’air.
Une pièce bien ventilée a moins de risques de contenir beaucoup de coronavirus en suspension dans l’air, ce qui minore les contaminations. 

Etablir des règles claires de qualité de l’air permettra l’ouverture de certaines activités en fonction des capacités d’aération et du niveau de risque réel – différent en fonction du taux d’incidence, de l’activité, du lieu et d’un ensemble de facteurs architecturaux et techniques. Par exemple, un cinéma ou un théâtre avec une VMC permettant une extraction à 9 ACH (Air Change per Hour : renouvellement d’air/heure) et un suivi du CO2, avec masques, distanciation et un public silencieux, n’est pas plus à risque que les transports en commun, voire moins.  
Les musées et salles d’expositions pourraient donc également rouvrir, au cas par cas, avec des protocoles spécifiques en fonction de la configuration des lieux et des spécificités techniques d’aération du bâtiment. 

Repenser l’organisation de l’enseignement et des écoles

Sanctuariser les lieux d’éducation en tenant compte du mode de transmission du virus, qui est aéroporté et se transmet principalement dans l’air via les aérosols. 

Adapter les mesures : une distance de 1 ou 2 mètres, en classe ou à la cantine, ne suffit pas à se protéger du SARS-CoV-2.

Définir un protocole d’aération/ventilation pour chaque classe sur la base d’un suivi du taux de CO2

Re-créer les bulles de classe : les professeurs changent de classe, mais pas les élèves.
Échelonner la récréation pour éviter les brassages. 

Donner des objectifs et laisser aux responsables régionaux et d’établissement la capacité de sécuriser les lieux de cours. 

Sécuriser les cantines avec les mêmes protocoles d’aération/ventilation que les salles de classe, fixer des objectifs, et laisser les instances locales choisir la solution la plus adaptée : repas pris en classe, échelonnés sur plusieurs services pour plus de distanciation et d’aération, livrés dans un gymnase pour dédoubler la cantine, etc. 

Donner la possibilité aux établissement de réaliser des tests salivaires RT Lamp en cas de doute ou de symptômes afin d’isoler au plus vite les enfants symptomatiques. De manière générale, les élèves doivent bénéficier d’une filière interne dédiée pour les tests.

Définir qu’un cas positif dans une classe conduit à la fermeture de la classe et à un test à effectuer à J+0 et J+7 auprès de tous les élèves de la classe pour définir si d’autres enfants sont touchés. La France est le seul pays à avoir défini un protocole où l’on attend 3 cas simultanés dans une classe pour fermer la classe.

Accompagner les familles des enfants isolés par des informations pratiques et précises, pour limiter les contaminations.

Adapter ces protocoles à l’enseignement supérieur (amphithéâtres, salle de cours ou TD), afin de permettre un retour partiel aux interactions sociales (la Sorbonne Paris Nord expérimente avec les capteurs de CO2 pour rouvrir ses salles de cours).

Continuer les cours en mode hybride, permettant aux étudiants de venir en cours par demi-promotion.

Les jauges ne doivent pas être aléatoires mais tenir compte des volumes des salles , de la capacité à renouveler leur air, du nombre d’étudiants. 

Déployer massivement les tests salivaires in situ et itératifs parmi les étudiants et les personnels afin d’identifier les personnes positives, quelles soient symptomatiques ou pas, afin de les isoler immédiatement

Sécuriser l’activité économique et les entreprises 

Déployer les tests salivaires afin de permettre des tests itératifs pour les PME-PMI, pour identifier et isoler les personnes personnes positives, quelles soient symptomatiques ou non.

Permettre aux entreprises de déduire de leur CA les coûts liés aux dépenses de sécurisation des lieux de travail : SHA, masques, test salivaire type EasyCov, amélioration des capacités d’extraction de la VMC (>= 6 ACH), détecteurs de CO2 pour définir la qualité de l’air et gérer intelligemment les locaux, etc.

Investir dans la communication sur les risques auprès des salariés d’entreprises : risques liés au partage d’une pièce, sans masques, comme les zones de repas, les sanitaires, ou les bureau partagés de manière alternative. Là encore, la ventilation et le suivi du CO2 contribuent à limiter le risque.

Mettre en place un système national de suivi et de séquençage des variants circulants sur le territoire

Collecter nationalement les données en se basant sur l’incidence et la densité de population afin de permettre une vision territorialisée et en quasi temps réel.

Renforcer et consolider les capacités des centres de séquençage/détection PCR (public et privé)

Renforcer les moyens alloués à SIDEP et favoriser la mise en ligne des données, de façon claire, afin de rassurer le public, en l’informant, et permettre une meilleure adhésion aux mesures, et une meilleure prise de conscience de la situation

Repenser les tests et le traçage

Ne pas opposer les techniques d’analyse et les types de prélèvement mais donner à chacun sa place et des objectifs complémentaires. 

Utiliser les différents tests disponibles afin de permettre de couvrir à la fois les zones urbaines et celles à faible densité

Déployer les tests salivaires RTLamp afin de pouvoir permettre le dépistage itératif des PME-PMI, EHPAD éloignés des plateformes d’analyses biologiques et autres établissements ayant des résidents ou patients à risques.

Déployer les tests qRT-PCR par pooling afin de pouvoir faire des tests itératifs sur des populations d’étudiants et enseignement secondaires en particulier dans les zones à forte circulation virale.

Améliorer l’adoption de l’appli Tous anti-COVID, et en faire un vrai outil de traçage.

Développer le traçage rétrospectif afin d’identifier au plus vite à la source d’une contamination et fournir aux personnes contaminées ou contacts un protocole précis. 

Déployer les moyens offerts par les services de santé universitaires, les infirmières scolaires, la santé au travail, dans le but de tester massivement et rapidement, pour tracer et éviter de fermer les lieux économiques et d’enseignement pour préserver et protéger.

Unifier les soignants pour une stratégie vaccinales efficace et globale

Mettre en place une vraie task-force pour préparer la vaccination dans les semaines à venir, avec un plan élaboré par étapes et rendu public, incluant non seulement une feuille de route, mais une vraie planification intégrant l’ensemble des partenaires autant médicaux que logistiques. 
Unir les centres de santé publics et privés, les soignants hospitaliers comm.e les médecins de ville, et intégrer les pharmaciens à l’effort de déploiement de la vaccination, qui doit se faire 7 jours sur 7.

Mieux communiquer sur les risques

“C’est très importante parler au public. Tout le monde doit connaître les principes de base de la transmission de ce virus. Il ne suffit pas d’imposer des règles que les gens ne comprennent pas. La coopération de la population est cruciale !
Christian Drosten, virologue, interview septembre 2020

Informer sur les risques, notamment sur le risque aérosol, encore peu présent dans la communication officielle.

De manière générale, abandonner la communication injonctive et descendante pour adopter une communication fondée sur l’information, la gestion du risque et la responsabilisation des individus. 

Plutôt que de communiquer sur quand les choses pourront rouvrir ou les mesures être assouplies, communiquer sur les seuils à atteindre (des données, pas de dates) et surtout, communiquer sur ce qui doit être fait pour atteindre l’objectif.

S’appuyer sur des simulateurs pour mieux comprendre les risques

Par exemple avec cet outil en ligne basé sur un modèle développé par 2 chercheurs du MIT. En faisant varier les caractéristiques du lieu, les taux de ventilation et de filtration de l’air, le port de masques, le type d’activité respiratoire, la souche virale, la taux d’incidence… ainsi que le degré de risque toléré, vous pourrez mieux comprendre comment limiter le risque de transmission de la COVID-19 dans différents espaces intérieurs.

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Pour aller plus loin, quelques documents réalisés par le collectif. Nous vous invitons à parcourir notre site, notamment la rubrique “veille”, pour trouver d’autres outils de prévention. 

Un flyer sur le risque aérosol et les capteurs de CO2 pour la prévention

Un document de synthèse aération-ventilation

Un document résumant le cadre réglementaire sur la qualité de l’air à l’école

Un article Guide pratique du suivi de CO2 à l’école

Transmission par aérosols

Un an après le début de la pandémie, les preuves sont désormais claires. Le coronavirus SARS-CoV-2 se transmet principalement par l’air : par les personnes qui parlent et expirent de grosses gouttelettes et de petites particules appelées aérosols.
Attraper le virus à partir de surfaces, bien que plausible, semble être rare.

Nature – Editorial 2 février 2021

Pour des informations à jour sur la transmission du SARS-CoV-2 par aérosols (particules en suspension dans l’air), 
ce document co-écrit par des spécialistes internationaux contient synthèses, articles scientifiques, études de cas et conseils de prévention.


NB : en anglais, traductions automatiques possibles dans le document.